Gravure

Les applications de la gravure à la main.

En premier lieu, il ne faut pas confondre gravure et ciselure, la première consistant à creuser le métal à l’aide d’outils ou d’acide, la seconde à le déformer par martelage, à l’aide de ciselets de formes variées.
Il existe de nombreuses techniques de gravure, que l’on utilise en fonction du résultat souhaité.

Ces différents aspects de la gravure ont des liens entre eux et emploient des techniques parfois approchantes, nécessitant précision, rigueur et créativité.
La main du graveur doit maîtriser ses outils et reproduire dans les moindres détails le sujet, qui peut être un monogramme, des armoiries, un texte dans tel ou tel alphabet particulier, un symbole, un motif ornemental…

De minutieux dessins préparatoires sont nécessaires, afin de placer tous les détails, les ombres et les lumières qui, optiquement, donneront l’illusion du volume au sujet choisi. Ces dessins permettent d’éventuelles mises au point, avant de passer à la gravure elle-même.

GRAVURE ET PAPETERIE

Le principe général de la gravure destinée à l’impression est de creuser le métal, en y reproduisant le motif ou le texte choisi.
La gravure s’effectue à l’envers, l’impression la remettant à l’endroit. La gravure terminée, la surface du métal est encrée, puis l’excès en est essuyé, seuls les fins sillons retiennent l’encre nécessaire qui s’appliquera sur le papier, sous la pression du cylindre ou de la presse.

  • Si le motif est gravé en creux : l’encre d’impression sera en léger relief (par exemple sur une carte de visite).
  • Si le motif est gravé en relief : l’impression sera en léger creux (ou la feuille d’or dans le cas d’un fer à dorer sur cuir).

Pour les gravures liées à la papeterie personnalisée et aux livres, les matériaux utilisés sont le cuivre, le bois (plus spécifiquement pour les ex libris), l’acier ou le bronze, avec lesquels on réalise des estampes, des outils de dorure, des blocs pour le timbrage du papier à lettres, des plaques de cartes de visite, d’invitations ou des ex libris…

Les différentes techniques utilisées pour la papeterie :

La gravure “en taille douce” : Elle s’effectue au burin, sur de minces plaques de cuivre.

La gravure à « l’eau forte » : Une autre manière de faire consiste à pratiquer une morsure à l’acide sur le support qui aura été auparavant verni. On trace ensuite le motif à reproduire avec une pointe, rayant ainsi le verni et mettant à nu le métal aux endroits souhaités. On pratique alors des morsures successives à l’acide jusqu’à obtenir l’effet désiré.

La gravure “en timbrage” : s’effectue sur acier, elle est spécialement adaptée au papier pour la correspondance, que ce soit pour une simple adresse, des armoiries ou un monogramme créé tout spécialement. Il est possible d’imprimer en plusieurs couleurs, en les superposant très exactement. Il faut dans ce cas graver un bloc par couleur, et un bloc supplémentaire pour le gaufrage final qui donnera tout son relief à l’ensemble, mettant en valeur les plus fins détails.

La gravure “en relief” : permet de graver des fers à dorer pour la reliure d’art, fixant à chaud sur le cuir des feuilles d’or, qui reproduisent les délicats contours d’armoiries, de fleurons décoratifs, ou d’élégants monogrammes…

Pour les gravures liées à la papeterie personnalisée et aux livres, les matériaux utilisés sont :

  • Le cuivre
  • le bois (plus spécifiquement pour les ex libris)
  • L’acier ou le bronze avec lesquels on réalise des estampes, des outils de dorure, des blocs pour le timbrage du papier à lettres, des plaques de cartes de visite, d’invitations ou des ex libris…

GRAVURE SUR BIJOUX

La gravure trouve également une application précieuse en bijouterie.


Les chevalières, par exemple, peuvent être personnalisées avec des armoiries, des monogrammes ou d’autres symboles, gravés à l’envers pour respecter leur fonction originelle : Une chevalière est avant tout un sceau.

Réalisée sur de l’or jaune, rose ou gris, du platine, de l’argent, ou encore sur des pierres précieuses, semi-précieuses ou pierres dures, la gravure offre une grande diversité d’effets, allant du plus discret au plus spectaculaire.

Gravure sur métaux précieux
L’or, le platine ou l’argent sont creusés par enlèvement successif de copeaux de métal, avec des échoppes et des burins, travail long et minutieux.
Certains éléments répétitifs fréquents en héraldique tels qu’étoiles, croissants, mouchetures d’hermine, fleurs de lys, sont frappés à l’aide de poinçons en acier trempé, que le graveur aura gravés en relief.

Gravure sur pierresi
La gravure héraldique sur pierres se pratique à la main, par une minutieuse abrasion à l’aide de minuscules fraises qui creusent la pierre.

Après gravure, l’empreinte en cire à cacheter que l’on obtient est donc en relief, très détaillée, tel un bas-relief miniature.


Les médailles de baptême, alliances ou autres bijoux peuvent également être gravés à la demande, de noms, dates, initiales ou dédicaces…

GRAVURE ORNEMENTALE

La gravure ornementale notamment sur orfèvrerie se pratique au burin, mais cette fois à l’endroit, puisque le motif doit être regardé et non imprimé. C’est ce qu’on appelle une gravure “à lire”. Une difficulté supplémentaire se présente au graveur, celle du galbe des objets.

En effet, la gravure à la main permet de suivre les courbes concaves ou convexes des pièces d’orfèvrerie.

Le fait de personnaliser les pièces d’argenterie en les ornant d’armoiries, de monogrammes surmontés ou non de couronnes, de motifs décoratifs, floraux, végétaux ou animaliers… leur donne ainsi un caractère unique.

Là encore, des dessins préalables répondant aux exigences du client sont indispensables, dans un style qui devra être en harmonie avec celui de l’objet, aidant à déterminer l’emplacement du motif.
Les trophées de chasse, tableaux ou pièces de collection sont aussi accompagnés de cartouches gravés explicatifs sur mesure.

Tant d’autres idées, restant encore à trouver, pourront être mises en valeur et en beauté par l’une ou l’autre des techniques présentées ci-dessus, mettant en œuvre cet art multiforme qu’est la gravure, millénaire et toujours contemporain.

Par Gabriel Hacquebart